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Littératures européennes Cognac, l’Ukraine à la page

07 Déc 2012
kourkov
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Littératures européennes Cognac, l’Ukraine à la page, 25e édition du 15 au 18 novembre 2012

Littératures européennes Cognac, manifestation consacrée aux livres et aux auteurs européens a choisi de mettre à l’honneur l’Ukraine en organisant des rencontres avec des écrivains afin de découvrir ce pays et sa littérature contemporaine. « On a mis l’accent sur le pays, mais en gardant notre volonté d’ouverture, avec des auteurs de différents horizons. Ils ont pu parler de littérature mais aussi de la société, sans tabou », rappelle la directrice Sophie Jullien.
La littérature ukrainienne a été représentée par Andreï Kourkov, Lyubko Deresh, Yuryi Andrukhovych, Marina Lewycka, Anna Shevchenko, Anton Kouchnir, Galia Ackerman, Maria Matios qui se sont déplacés à Cognac pour partager avec le public français leur Ukraine. 6 auteurs ukrainiens ont été sélectionnés pour disputer le 8e Prix des lecteurs :

Yuriy Andrukhovych Douze cercles

Lyubko Deresh Culte

– Sergueï et Marina Diatchenko, La Caverne

Andreï Kourkov Le jardinier d’Otchakov

– Marina Lewycka, Une brève histoire du tracteur en Ukraine

– Anna Shevchenko Héritage.

C’est A. Kourkov qui a remporté les suffrages du jury avec son Jardinier d’Otchakov. « Un prix des lecteurs, c’est très important, très touchant. Pour un écrivain, il est essentiel de savoir pour qui on écrit. Je suis très fier », applaudit le lauréat.

Yuriy Andrukhovych a pu interpréter ses poèmes aux côtés du comédien Vincent Mourlon, qui lui a donné la réplique en français, et de Marina Voznyuk qui les a accompagnés en musique.

La bande dessinée a eu sa place à Cognac. Igor Baranko, jeune auteur de bande dessinée de Kyïv, a présenté sa dernière BD parue en France, Les Princesses égyptiennes. Baranko, à la fois scénariste et dessinateur, est notamment l’auteur de l’album Maxym Osa qui relate l’histoire d’un célèbre maître d’armes cosaque. L’italien IgorT a parlé de ses Cahiers ukrainiens. Sébastien Bocquet a emmené Saint-Mal, qui a pour protagoniste un jeune ukrainien perdu dans une ville bretonne inquiétante.

S. Bocquet a exposé également les portraits des « liquidateurs » de la centrale nucléaire de Tchernobyl où il a passé plus d’un mois (Bezlyki ou Refiguration).

Katerina Biletina, peintre, illustratrice, portraitiste, a pu exposé ses illustrations qu’elle réalise sur des feuilles colorées à l’aquarelle, en reprenant certains traits à la plume. « Dans notre enfance nous avons différentes couleurs. Et je garde ces couleurs dans ma vie », confiait-elle lors de l’inauguration.

BILETINA ILLUSTRATRICE

Découvertes gourmandes des traditions ukrainiennes de Noël ont été partagées par Maria Matios et Andreï Kourkov. Maria Matios (on peut lire ses Miniatures dans le recueil Nouvelles d’Ukraine, sorti récemment) devient en 2005 lauréate du Prix National Taras Chevtchenko pour son roman Daroussia la Douce qui relate l’histoire des Ukrainiens vivant en Bucovine dans les années 1930-1970. A côté de ses écrits, elle aime aussi faire des découvertes culinaires et les faire partager par la même occasion (l’auteur des Historiettes culinaires, pas encore traduit en français).

Maria Matios a présenté son pays, les Carpates, et leurs habitants, les Houtsouls, ensemble avec Youry Bilak dont les photos racontent une Ukraine encore méconnue du grand public.

Les visiteurs ont pu voyager avec le musicien et chanteur Taras Kompanitchenko qui revisite le répertoire traditionnel ukrainien, les chants cosaques, et leur insuffle une nouvelle vie par sa voix et sa bandoura. Une balade dans la mémoire et la culture ukrainiennes.

Le public a découvert la sélection de films ukrainiens présentés par Lubomir Hosejko : La Croix de pierre de Léonide Ossyka, La Désintégration de Mykhaïlo Biélikov, auto-portrait documentaire Ainsi parlait… Pliouchtch, Famine 33 d’Olès Yantchouk, La Vie et les aventures extraordinaires de Robinson Crusoë de Stanislav Govoroukhine, L’Homme à la caméra de Dziga Vertov (Fondateur de la théorie futuriste du cinéma), Rez-de-chaussée d’Igor Minaiev (émigré en France à la fin des années 80 où il a réalisé plusieurs films dont L’Inondation avec Isabelle Huppert), Le premier gars de Serge Paradjanov, sans oublier les courts-métrages d’animation : Le Tramway n°9 de Stepan Koval, Comment les Cosaques jouaient au football et Comment les Cosaques libérèrent leurs fiancées de Volodymyr Dakhno, Pantomime pour trois acteurs d’Alexandre Chmyhoun.

Un événement important pour la littérature et la culture ukrainienne en France, Littératures européennes Cognac, a relancé l’admiration et l’engouement pour ce pays magnifique d’une richesse culturelle étonnante. Patientez donc, car les éditeurs promettent la parution de plus en plus de la littérature ukrainienne traduite en français.

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sources:
litteratures-europeennes.com/fr
sudouest.fr
photo: vkontakte
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