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Viï-le roi terre au Théâtre de la Ville

13 Déc 2012
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Notre avis après avoir vu la pièce (par Daniela).

« La vie est une danse macabre autour du feu de nos passions »…

Où exactement faut-il placer les questions de la vie, de la mort ou de la religion? Et y a t-il de la place pour l’amour dans tout ça?

La pièce « Viï – le roi terre » nous montre une perception du monde à travers la mort. L’importance que cette dernière prend dans la vie est tellement forte qu’elle peut aller jusqu’à sa transformation totale. La mort fait partie de la vie. Cette acceptation, ce culte font le noyau de la pièce. C’est la mort qui coule dans les veines d’une sorcière, c’est elle qui règne sur l’amour et c’est elle qu’on entend crier de la folie dans les forêts sombres des Carpates ukrainiennes…. « Viï », c’est la satire de la vie, mais le respect de la mort. Tant qu’on est vivant, on n’est pas important. Ce n’est qu’une fois mort, on commence à être différent. Et on le voit très bien grâce à la mise en scène de Vlad Troïtsky d’un livre du célèbre écrivain ukrainien Gogol.

C’est une pièce qui laisse chacun s’effondrer dans ses propres réflexions sur les questions existentielles. Le metteur en scène ne fait que nous guider dans la compréhension de son monde. On admire les chants magnifiques (DakhaBrakha y est pour quelque chose), la musique avec les instruments traditionnels (trembitas, violons, tambours), les rites des funérailles et du mariage, les motanky (poupées traditionnelles ukrainiennes) géantes, le décor étonnant représentant les arbres imposants, les lumières faibles…

Vlad Troïtsky a voulu démontrer les notes sauvages et mystiques de la culture ukrainienne pour pouvoir distinguer ce pays, qui est encore « mal compris » par l’étranger. La pièce n’est pas un simple conte, mais une incarnation de la vie ukrainienne avec ses recherches spirituelles et philosophiques. Les deux Suisses tombent amoureux. L’un, d’une fille du village, qui reprend les pouvoirs d’une sorcière locale. L’autre, de la terre et de l’esprit de ses ancêtres. « Je dois avoir la Patrie, ma Patrie, ma terre, mon peuple, même s’il est sauvage », disait le touriste qui est venu retrouver les traces de sa famille, morte d’ Holodomor, la terrible famine en 1933. Nationalisme, patriotisme ? Non, un simple retour à ses racines…
On est tellement différent, mais il y a quelque chose qui nous unit, l’amour. « Je l ‘aimais plus que ma vie », dit le héros suisse à propos de la jeune fille ukrainienne. Mais c’est soit l’ivresse, soit l’hostilité des habitants, soit les forces mystiques qui ont séparé les deux cœurs. La mort s’est incrustée entre eux et a empêché leur bonheur. La grandeur de la mort ! Viï…

Vlad, personne très perfectionniste et modeste en même temps, a un regard très particulier sur notre réalité. Le choix de la pièce était simple, car elle parle, elle pose des questions, elle fait réfléchir et découvrir en même temps. Mais c’est toute la complexité de son pays qui y apparaît: histoire, philosophie, religion, folklore, actualité. Son regard n’a échappé à aucun détail, aucun mouvement du corps pour nous transmettre un mélange de ce qu’il appelle Ukraine !

 

Posté le 5 décembre.

Théâtre de la Ville  accueille la pièce « Viï-le roi terre » du metteur en scène ukrainien Vlad Troïtskyi.

La pièce de théâtre est écrite par Klim, dramaturge et directeur théâtral, qui s’est inspiré d’une nouvelle ukrainienne de Nicolas Gogol. Elle est jouée en ukrainien et en français.
Lieu : Théâtre de la Ville, 2 place de Châtelet, 75004
Date, horaires : 10 – 14 décembre inclus à 20h30
Réservation : Théâtre de la Ville , FNAC

Wii - le Roi Terre, afficheVlad Troïtskyi, figure emblématique du théâtre ukrainien, dirigeant et fondateur du centre d’art « Dach » depuis 1994, fondateur du groupe « ethno-chaos » DakhaBraka, président du festival Gogolfest, fait parler de lui à Paris avec ses deux pièces du théâtre : Roi Lear et Viï-le roi terre.

Viï-le roi terre est l’histoire de 2 étudiants en philosophie qui partent en vacances dans leur village d’origine. La nuit, ils se fourvoient et se retrouvent dans un village où le héros principal tue accidentellement une sorcière. À la fin de la troisième nuit la jeune morte demande d’aller chercher Viï (le monstre)
La suite est à découvrir…

Vlad Troïtskyi dit à propos de cette pièce :
« Pour moi, ce spectacle est un voyage dans une Ukraine inconnue au moment où la conscience contemporaine occidentale affronte ce qu’elle n’est pas capable d’appréhender. L’histoire débute par un voyage dans un patelin situé sur une terre oubliée de Dieu et des autorités. C’est un voyage de la conscience contemporaine occidentale à travers des villages ukrainiens, un périple très proche d’un voyage en terre aborigène. En effet, la toute première impression que l’on se fait de la province ukrainienne est qu’elle est sauvage. Mais, petit à petit, on comprend que l’on se trouve dans des méandres offrant des visions différentes, dans un monde archaïque teinté de magie où toutes nos valeurs et nos repères habituels sont caducs… »

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Sources :
Théâtre de la Ville
Communiqué de presse
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