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L’histoire de la Crimée

04 Avr 2014
L’histoire de la Crimée
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Les faits à connaître.

En vue de la situation en Ukraine, notre équipe a décidé de préparer un article explicatif sur la Crimée, ses habitants, son histoire son patrimoine. Notre présent dépend souvent de notre passé, et cette visite en arrière permettra de réunir quelques faits intéressants qui ont pu influencer la conjoncture actuelle.

Quand on parle de la Crimée, souvent on cite les Russes, les Ukrainiens, moins souvent les Tatars. Mais qui vivait sur le territoire de cette presqu’île tout au long de son existence?

Il y a très longtemps, les Cimmériens (peuple originaire de la steppe Pontique) et les Taurins (peuple de l’Italie ancienne) étaient les premiers à la coloniser. Bientôt ils ont été chassés par les cavaliers Scythes. Par la suite, les Grecs, les Romains, les Alains, les Sarmates, les Goths, les Huns et les Khazars conquéraient et peuplaient la péninsule.
En 988, le prince de la Rus’ de Kyïv, Volodymyr le Grand a envahi la Crimée en y instaurant le christianisme. Mais la guerre des religions ne s’est pas arrêtée là. En 1300, ce sont les Mongols qui sont venus s’y installer en apportant l’islam comme religion principale pour plusieurs siècles. Puis, les Tatars, d’origine mongole, convertis à l’islam sous l’influence ottomane, fondent en 1441, le Khanat de Crimée qui en 1475 passe sous protectorat de l’Empire ottoman. La lutte contre le Khanat devient donc l’une des plus grandes préoccupations de la Russie. Les enjeux de l’époque étaient importants : l’accès à la mer Noire et l’élargissement du territoire de l’empire. Catherine II exigeait l’indépendance de la péninsule pour la « protéger » des invasions et de la dépendance des Ottomans. Et en 1783, après plusieurs années de guerre russo-turque, la Crimée est annexée à l’empire russe, avec Catherine II à la tête. Pendant cette période, la colonisation et la russification massive de la presqu’île ont commencé. Elle ont eu des conséquences graves pour les Tatars, devenus minoritaires et obligés de s’exiler en Turquie.

Les années suivantes étaient le théâtre de nombreux conflits entre les Russes et les Ottomans, qui ont abouti à la Guerre de Crimée de 1853 à 1856. Les Français et les Britanniques se sont alliés avec l’Empire Ottoman dans le but de contrer les appétits d’expansion de l’Empire russe en Europe du sud-est. Malgré la défaite russe, cette guerre est perçue comme une preuve d’un grand héroïsme en Russie. En effet, les troupes russes résistaient à Sébastopol pendant 349 jours, avant de devoir se résigner à abandonner la ville complètement détruite.

En 1921, juste après la révolution de 1917, la République socialiste soviétique autonome (RSSA) de Crimée est créée. Les Russes représentent 40 % de la population devant les Tatars, les Ukrainiens, les Allemands, les Bulgares et les Grecs. Il ne faut pas s’étonner que les Tatars deviennent de moins en moins nombreux. Car en 1944, sous le prétexte d’une collaboration avec l’occupant nazi, ils sont massivement déportés par Staline. 200 mille personnes – la presque totalité de la population – sont envoyées en Sibérie ou en Ouzbékistan. La RSSA a cessé d’exister en juin 1945, tandis qu’une politique de russification culturelle et administrative est mise en place. Allemands, Bulgares et Grecs sont également chassés. La presqu’île était dès lors presqu’entièrement russifiée. Le patrimoine culturel des Tatars était détruit en ne laissant aucun choix linguistique ni culturel à ces derniers.

En 1954, pour le tricentenaire de l’union de l’Ukraine à l’empire russe, Khrouchtchev décide d' »offrir » la péninsule à Kyïv. Pour quelles raisons ? Selon certains biographes, le premier secrétaire du PCUS ( le Parti communiste de l’Union soviétique) avait depuis plusieurs années le projet d’offrir de nouvelles terres aux paysans ukrainiens, tout en repeuplant une Crimée dévastée par la déportation. Au sein de la République soviétique d’Ukraine, le territoire obtient cependant un statut spécial. Et l’Ukraine, de son côté fait « un cadeau » de retour qui consiste en une partie de ses territoires à la frontière est avec la Russie. C’est un « don » des terres qui comptait des villes avec plus de 1,2 mln  de la population ukrainienne, comme par exemple celle de Taganrog.

En 1991, après la chute de l’URSS, Boris Eltsine décide de reconnaître l’Ukraine indépendante, la Crimée y comprise. L’ambiance est tendue et plusieurs mouvements séparatistes déclenchent. Mais après de longues négociations, le traité entre Moscou et Kïyv est signé en 1997. Il prévoit que les installations portuaires et militaires de Crimée seront louées à la Russie. En 2010, l’accord est renouvelé pour vingt-cinq ans. La République autonome de Crimée jouit d’un statut spécifique : elle a son propre gouvernement, son propre parlement, son propre budget, sa propre constitution.

En 2014, juste après la Révolution européenne, la fuite de Viktor Ianoukovitch (le 21 février) du territoire ukrainien et la fin des JO de Sotchi (le 24 février), la Russie a commencé la guerre non déclarée à l’Ukraine, en occupant militairement le territoire de la Crimée. D’après les déclarations du président russe Poutine, les soldats sur place n’étaient que des simples troupes de l’autodéfense locale. Le 16 mars, le référendum est organisé en Crimée par le gouvernement autoproclamé qui se montre favorable à l’adhésion à la Russie. La Douma russe vote la loi pour faciliter cette annexion. Plusieurs fraudes ont été constatées lors du déroulement du référendum, échappé au contrôle même des observateurs internationaux suite à la fermeture d’accès en Crimée par les forces de l’ordre russes. Malgré tout, 96% d’habitants de la Crimée ont voté pour l’adhésion à la Russie.

Le 27 mars 2014, l’Assemblée générale de l’ONU a voté la résolution qui ne reconnaît pas les résultats du référendum et plaide pour l’union territoriale de l’Ukraine.

Après cette brève description de l’histoire de la Crimée, on peut tout simplement faire la conclusion, que la péninsule a été habitée par une multitude des peuples, qui, chacun a laissé une trace significative dans tous les domaines de la vie. Chacun avait son raisonnement et sa mentalité. Aujourd’hui, les frontières du monde sont bien définies, ce qui a demandé des siècles de conflits et de guerres. Si on revient en arrière, en se basant sur l’histoire, sur des idées d’autrefois ou pour d’autres raisons, non seulement l’Ukraine, mais le monde entier peut replonger dans l’hostilité avec des conséquences gravissimes. Les ambitions de chacun doivent non pas nuire, mais au contraire, unir les intérêts communs de la civilisation.

Make love, not war *

* Faisons l’amour et pas la guerre

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Sources:
http://www.larousse.fr
http://www.lemonde.fr/europe
http://www.voyages-ukraine.com
http://uk.wikipedia.org/wiki
http://www.lepoint.fr
http://www.jolpress.com
http://www.maisondesorientalistes.com
http://gblor.ru/blogs
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tatars
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