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Chroniques d’un voyage entre la France et l’Ukraine

28 Jan 2018
route-france-ukraine

Vous vous souvenez peut être de ce reportage photo où je vous montrais un peu la route visible de la voiture en revenant vers la frontière depuis l’Ukraine.
Cette fois-ci je voulais partager le trajet accompli lorsque je vais en Ukraine, car parfois c’est une véritable aventure!

Il faut dire aussi que j’habite en Transcarpatie, région d’Ukraine située à l’extrémité ouest du pays; ma ville est donc à 850km de Kyiv, ce qui équivaut à 14h de train :-(.
Du coup le chemin au départ de Paris passe souvent par la Hongrie, car c’est le moyen le plus rapide et le plus intéressant financièrement. Pour la région de Lviv vous pouvez passer par la Pologne, par Varsovie ou par Krakovie ou avec un escale à Munich.

Un voyage usuel se déroule comme suit:

  • Tout commence à Paris avec le RER B 🙂 vers l’aéroport (2h entre le RER et l’attente de l’avion).
  • Nous embarquons ensuite dans un avion vers Budapest (2h+40 min de gestion des valises)
A l’aéroport de Budapest
A l’aéroport de Budapest
  • On emprunte un bus vers la gare ferroviaire de Ferihegy (15 min en bus, 7min en taxi)
  • On prend rapidement des billets puis un train qui mène vers Zahony, une petite ville hongroise frontalière avec l’Ukraine (3h40 par le train rapide hongrois qui s’appelle Intercity). Le prix pour ce trajet est 20€/pers.

    La route en Hongrie, été 2017
  • Nous montons alors dans un second train qui traverse la frontière à Chop (bien que la traversée en train soit de l’ordre de 15min, il y a généralement de l’attente pour que le train parte et les contrôles d’identité prennent beaucoup de temps, ce qui revient plutôt à 1H20). Le prix est de 1000ft, soit 3,5€.
Le train entre la Hongrie et l’Ukraine, traversée de la frontière en 15min
Si vous êtes bloqué à Zahony, il y a cette salle vitrée à la gare qui doit représenter quelques faits de l’époque soviétique. Comme tout est écrit en hongrois, on n’a jamais compris que ce c’était.
  • Enfin nous avons 2h de route de voiture entre Chop et Khust, notre destination.

Au final nous avons environ 12h de porte à porte.

La seconde possibilité est de demander à un taxi ukrainien de venir à Budapest pour faire tout le trajet en voiture jusqu’à notre destination, ce qui prend environ 6-7 heures avec une variation importante du fait du temps de passage de la frontière (entre 20 minutes si vous avez une chance incroyable ou une attente qui mènera votre squelette à se fossiliser dans le pire des cas…mais on prévoira 2 heures en général). Cette prestation coûte approximativement 130€.

La route, l’été dernier

Les poisses naturelles ou techniques

Voici maintenant quelques anecdotes ou poisses qui se sont produites de notre côté même si celles qui concernent la frontière feront l’objet d’un article dédié (car il y fort à dire :-))

Première cause de retard, laquelle nous oblige parfois à utiliser des itinéraires détournés: les aléas techniques et retards de nos moyens de transport. Voici une petite liste :

  • Une panne de la rampe de descente de l’avion avec un planning super tendu pour attraper le train qui suit). C’est ballot de rester bloqués alors qu’on a atterri et qu’on est garé avec l’avion grrr.
  • La tempête qui fait tomber des arbres sur les voies du train en Hongrie:
    Nous avons d’abord entendu un bruit sourd puis un ralentissement car le train avait heurté un petit arbre sur les voies. Plus loin un second arbre a été détecté par le chauffeur avant de le percuter: ce sont les passagers qui sont descendus pour l’enlever afin que l’on poursuive (20 minutes de perdues).
    Encore un peu après un arbre trop gros et trop lourd pour être déplacé était également tombé. Heureusement ce dernier n’était pas en travers des voies, mais le long. Il s’agissait donc de ses branches qui dépassaient…après pas mal de tergiversations entre les chauffeurs, les passagers et les contrôleurs du train, il a été décidé de fermer toutes les fenêtres 🙂 et de passer en frottant les branches d’un côté (ce qui a tout de même fait un gros « clong » et notre train faisait de drôles de bruits par la suite le temps d’arriver à notre destination qui était heureusement assez proche).

    Les couleurs après la tempête
  • La crevaison. Les routes ukrainiennes sont connues pour avoir avoir un certain nombre de trous mais par temps de pluie et de brouillard il est très difficile de les voir. Résultat nous avons crevé dans un trou recouvert d’eau et avons rejoint une camionnette qui avait eu le même souci que nous sur le même obstacle. Cela évidemment à 3h du matin à 40km de la destination finale :-).
  • Par ailleurs, sans que cela affecte notre voyage cette fois, nous avons déjà eu de la neige qui rentrait dans le train en hiver en Hongrie, car les portes fermaient mal…
Ambiance hivernale tans un train hongrois

    • A Zahony
  • Les mauvaises indications dans les gares :-). Si les trains sont en retard c’est très difficile de savoir si l’on prend le bon.  Les contrôleurs et les passagers n’aident pas dans ces cas non-plus :-). Nous avons donc eu le cas de figure avec un train à quai arrivant: Nous: « Est-ce qu’il va à Debrecen? » Passager : « Oui, montez » Mais nous avions un doute sur le train et fait ce n’était pas le bon train.
  • Mon père, qui parle hongrois a également eu une déconvenue avec des contrôleurs qui ont annoncé qu’il était possible d’aller plus vite en descendant à un endroit pour prendre un autre train plus direct mais ce n’était pas le cas en définitive…il a donc du prendre un taxi en catastrophe pour être à l’heure pour son avion (ce qui est revenu fort cher). Donc mon conseil, ne faites pas confiance aux contrôleurs dans les trains hongrois 🙂
  • Les erreurs humaines. Lors de notre dernier séjour en Ukraine nous avons constaté dans le bus vers l’aéroport qu’au lieu de sélectionner un aller-retour Budapest, notre aller se dirigeait à Vienne (quelle belle surprise, surtout que nous étions le 28 décembre, date à laquelle les avions sont hors de prix à la dernière minute) ! Nous avons donc du improviser en gardant notre avion et en prenant un train en catastrophe à Vienne ; ce dernier allant dans un premier temps à Budapest puis Zahony (7 heures de train sans changement mais avec de nombreux arrêts intermédiaires pour une traversée complète de la Hongrie). Nous avons traversé la frontière ukrainienne à 1H du matin contre 20h initialement hélas. La chance dans notre malheur, c’est que Vienne n’est qu’à 250km de Budapest et de nombreux trains circulent entre les capitales.

Et vous comment se déroule votre périple lorsque vous allez en Ukraine?